Indemnisation des victimes

Ne signez pas la première offre de l'assurance sans l'avoir fait vérifier

Pourquoi la première proposition est souvent trop basse, et comment obtenir la réparation intégrale de vos préjudices, expliqué par Maître Patrick Barrière, à Bourgoin-Jallieu.

En bref

La première offre d'un assureur n'est qu'une proposition : vous pouvez la refuser, demander une contre-expertise et négocier, sans jamais perdre vos droits tant que rien n'est signé. Ces offres sont fréquemment inférieures au préjudice réel, surtout lorsqu'elles arrivent avant la consolidation de votre état de santé. Après un accident de la route, la loi Badinter impose à l'assureur une offre dans les huit mois, et vous gardez un délai de rétractation de quinze jours après tout accord signé.

PB

Guide rédigé par Maître Patrick Barrière

Avocat au Barreau de Bourgoin-Jallieu, plus de 24 ans d'expérience. Ayant lui-même été victime, il défend les personnes blessées avec une exigence particulière.

Pourquoi la première offre est presque toujours trop basse

Un assureur est une entreprise : son intérêt est de clôturer votre dossier vite et au meilleur coût pour lui. La première offre est un point de départ de négociation, jamais le montant réel auquel vous avez droit. Le principe qui doit s'appliquer est celui de la réparation intégrale : chaque préjudice, corporel, matériel et moral, doit être indemnisé, sans perte ni profit pour la victime.

Le déséquilibre vient de l'expertise médicale. Face au médecin mandaté par la compagnie, une victime seule accepte souvent un taux d'incapacité sous-évalué. Pour comprendre l'ensemble de la démarche, consultez notre page sur l'indemnisation des victimes.

Votre offre est-elle sous-évaluée ?

Cochez les situations qui correspondent à votre dossier. Résultat immédiat, sans engagement.

Cet auto-diagnostic donne une tendance générale et ne remplace pas l'analyse d'un avocat.

Les postes que les premières offres minimisent

Une offre paraît souvent raisonnable parce qu'elle oublie ou réduit certains postes de préjudice. Voici ceux que je vérifie systématiquement.

Poste de préjudice Ce que l'offre minimise souvent
Déficit fonctionnel permanent Taux d'incapacité sous-évalué, sans médecin-conseil pour le contester
Pertes de gains et incidence professionnelle Impact sur la carrière et les revenus futurs souvent ignoré
Assistance par tierce personne Besoin d'aide humaine minoré ou oublié
Souffrances endurées et préjudice esthétique Forfaitisés très en dessous des référentiels
Préjudice d'agrément Perte d'une activité de loisir rarement indemnisée spontanément

Que faire face à une offre insuffisante

Refuser une offre ne vous fait rien perdre : cela ouvre la négociation. Voici la marche que je conseille.

  • Ne signez aucune quittance ni transaction avant d'avoir fait analyser l'offre poste par poste.
  • Attendez la consolidation de votre état pour que les séquelles soient réellement chiffrées.
  • Demandez une expertise médicale contradictoire, assisté d'un médecin-conseil indépendant.
  • Sollicitez une provision pour faire face aux dépenses sans céder à la pression du temps.

Si l'assureur campe sur sa position, le litige se règle par la négociation puis, si nécessaire, devant le juge. Cette phase rejoint le travail mené sur les litiges civils, où j'obtiens une décision quand l'amiable échoue.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées sur l'offre de l'assurance.

Peut-on refuser la première offre de l'assurance ?

Oui. L'offre de l'assureur n'est qu'une proposition : vous n'êtes jamais obligé de l'accepter. Vous pouvez la refuser, demander une contre-expertise et négocier. Tant que vous n'avez pas signé de transaction, vos droits restent entiers.

Combien de temps ai-je pour accepter ou refuser une offre ?

Après un accident de la route, la loi Badinter impose à l'assureur de présenter une offre dans les huit mois de l'accident. Une fois un accord signé, vous disposez encore d'un délai de rétractation de quinze jours pour revenir sur votre acceptation.

L'assurance peut-elle m'obliger à accepter son montant ?

Non. Aucun assureur ne peut vous contraindre à signer. En cas de désaccord persistant, le juge fixe l'indemnisation après une expertise judiciaire, en appliquant le principe de réparation intégrale.

Faut-il mon propre avocat alors que l'assureur en a un ?

Oui. Le médecin-conseil et le juriste de l'assureur défendent les intérêts de la compagnie, pas les vôtres. Votre avocat, souvent assisté d'un médecin-conseil indépendant, rééquilibre le rapport de force et évalue réellement vos préjudices.

Qu'est-ce qu'une provision ?

C'est une avance sur indemnisation versée avant le règlement définitif. Elle permet de faire face aux dépenses immédiates pendant que le dossier se poursuit, sans vous obliger à accepter une offre prématurée.

Faut-il attendre la consolidation avant d'accepter ?

En principe oui. La consolidation est le moment où votre état de santé est stabilisé et où les séquelles peuvent être chiffrées. Accepter une offre avant la consolidation fait courir le risque d'une indemnisation très inférieure au préjudice réel.

Une offre d'indemnisation sur la table ?

Avant de signer, Maître Barrière analyse l'offre lors d'un premier rendez-vous et vous dit si elle est à la hauteur de vos préjudices.

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